Notre Visée

ROSE du nord est un collectif de femmes vivant en situation de pauvreté. Nous défendons solidairement les droits des femmes assistées sociales et militons pour l’amélioration de leurs conditions de vie dans une approche féministe-conscientisante.

Notre Histoire depuis 35 ans

En bref

Depuis 1983, le Regroupement des femmes sans emploi du Nord de Québec rassemble des femmes en situation de pauvreté quimilitent ensemble pour améliorer leurs conditions de vie. À travers les années, elles se sont mobilisées pour défendre leurs droits contre les différentes réformes appauvrissantes du système d’aide sociale : instauration de catégories arbitraires, mesures obligatoires d’insertion en emploi et autres coupes claires. Elles sont aussi très actives au sein du mouvement féministe!

Depuis près de 40 ans, les militantes de ROSE du Nord sont en action pour proposer un modèle de société plus juste. Elles tentent de vivre ces valeurs dans « l’ici et maintenant » en organisant la vie quotidienne de l’organisme autour de pratiques axées sur les rapports égalitaires.

1983-1987

C’est à l’automne 1983 que le Regroupement des femmes sans emploi du Nord de Québec voit le jour! Des femmes sans emploi de Charlesbourg décident de se regrouper pour briser leur isolement, pour connaître et défendre leurs droits à l’aide sociale ou dans le cas d’un divorce, tant individuellement que collectivement. Dès 1984, le groupe a son propre local et organise sa première fête du 8 mars, Journée internationale des femmes.

En 1986, le théâtre fait son entrée dans le groupe, et les militantes deviennent comédiennes! Plusieurs enjeux touchant les femmes seront abordés sous cette forme. C’est aussi en 1986 que commence l’histoire d’une longue alliance avec notre regroupement national, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ).

1988-1992

ROSE du Nord a 5 ans. Depuis 2 ans, le gouvernement de Robert Bourassa veut modifier la loi d’aide sociale adoptée en 1970. En 1988, il dépose le projet de loi 37, qui risque d’être adopté durant l’année. Cette épée de Damoclès, suspendue au-dessus de la tête des personnes assistées sociales, propose la création de catégories pour que les personnes « aptes » au travail soient différenciées des personnes « avec des contraintes » à l’emploi. Il n’en fallait pas plus pour que les organismes de défense de droits des personnes assistées sociales montent aux barricades.

Pendant cette période, ROSE du Nord se met en mode analyse : c’est le début d’une longue enquête sur les réalités des femmes. Ce rapport d’enquête sera rendu public en 1992. C’est aussi à cette période que l’organisme réfléchit aux impacts des mesures d’employabilité du gouvernement sur les personnes assistées sociales.

1993-1997

Au Québec, durant la période 1993-1997, le mouvement des femmes était très énergique. 850 femmes ont participé à La Marche du pain et des roses. Les militantes de ROSE du Nord ont aussi chaussé leurs espadrilles pour l’amélioration des conditions de vie des femmes assistées sociales, notamment dans le cadre de la lutte contre la réforme de l’aide sociale.

C’est aussi pendant cette période que le comité Femmes du Front commun des personnes assistées sociales du Québec a été créé. Au sein de l’organisme, plusieurs comités voient le jour : Politiques, Mobilisation et les Dîners communautaires. C’est aussi lors de cette période que la première marche silencieuse a lieu à Charlesbourg.

1998-2002

En 1998, le Québec s’interroge encore sur son identité, aux suites du référendum de 1995. Au Québec, c’est le Parti Québécois qui est au pouvoir. En janvier 1997, la Coalition nationale sur l’aide sociale est formée afin de lutter contre le projet de loi 186, soit la réforme de la sécurité du revenu. Bien sûr, ROSE du Nord est de la partie. L’Assemblée nationale adoptera néanmoins ce projet de loi à l’été 1998. Un autre pas est franchi dans la catégorisation des personnes assistées sociales. La notion de l’employabilité prend de plus en plus de place dans les réflexions au sujet du droit à l’aide sociale.

Durant ce temps, à ROSE du Nord, on déménage sur la 1reAvenue. On se prépare pour le 8 mars de l’an 2000 avec notre troupe de théâtre « Oxygène » et la pièce « 490 $… pas de sortie ». C’est aussi le début du Comité Info-Droits qui existe toujours aujourd’hui et informe les personnes à l’aide sociale concernant leurs droits.

2003-2008

Malgré les reculs et menaces envers les droits des femmes durant ces années — entre autres avec l’arrivée des Conservateurs et de l’ADQ au pouvoir, on peut dire que les militantes de ROSE du Nord ont su apporter leur couleur féministe un peu partout où elles sont passées. Les militantes ont apporté leur parole et crié leur colère afin de dénoncer les injustices, encore trop nombreuses, dont sont victimes les femmes.

ROSE du Nord devient aussi propriétaire : nous avons enfin un toit à nous, pour nous. C’est aussi dans ces années que nous nous battrons contre une nouvelle réforme de l’aide sociale, soit le projet de loi 57. De plus, l’année 2005 a été un important moment féministe avec la création de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité. Cette Charte, qui a parcouru 53 pays dans le monde, a inspiré une autre pièce de théâtre de la troupe de ROSE du Nord : « La Charte… de fil en filles! »

2008- 2011

Le climat politique ne s’améliore pas! Les libéraux sont toujours au pouvoir et l’État se désengage de plus en plus face aux programmes sociaux. On assiste lors de cette période à l’arrivée plus radicale de la privatisation des services publics et des hausses de tarifs de toutes sortes (Hydro-Québec, frais de scolarité, taxe santé, etc.) En 2011, les Conservateurs deviennent majoritaires au Canada. Qu’adviendra-t-il de nos acquis?

Dans le groupe, les choses bougent toujours autant! Les luttes sont plus présentes que jamais, particulièrement avec la nouvelle Coalition régionale opposée à la tarification et à la privatisation des services publics.

De plus, des ateliers d’écriture voient le jour avec le Comité journal. Fait important : un nouveau volet sera présent à ROSE du Nord pendant quelques années (volet mobilisation/diffusion) pour mieux nous faire connaître et recruter de nouvelles militantes.

2011-2013

Un événement marquant de cette période est très certainement la lutte contre la hausse des frais de scolarité, qui soulève le Québec en 2012. Les étudiantEs et leurs alliéEs se mobilisent massivement pour stopper cette mesure ayant encore une fois des impacts sur les plus pauvres. Suite aux grèves, manifestations et autres actions dérangeantes, le Parti Québécois est élu et annule la hausse proposée par les libéraux. Pendant son bref passage au pouvoir en 2013, la ministre de l’Emploi et la Solidarité sociale, Agnès Maltais, en profite pour instaurer en catimini de nouvelles coupes à l’aide sociale. Celles-ci touchent les couples ayant des enfants de moins de 5 ans, les personnes dont l’âge se situe entre 55 ans et 58 ans, ainsi que les personnes séjournant dans un centre de traitement des dépendances. ROSE du Nord se mobilise contre ces nouvelles mesures touchant les personnes les plus vulnérables.

2014-2018

Les libéraux provinciaux de Philippe Couillard reviennent au pouvoir en 2014, déterminés plus que jamais à sabrer les programmes sociaux et les services publics. Lors de cette vague d’implantation des mesures d’austérité, le gouvernement annonce le Projet de loi 70, qui vise à instaurer des mesures obligatoires de retour en emploi pour celles et ceux qui font leur première demande d’aide sociale, sous peine de lourdes pénalités. Les groupes communautaires à travers le Québec se mobilisent alors pour faire retirer cet odieux projet de loi, notamment par le biais de la Coalition opposée au Projet de loi 70. Malgré l’opposition citoyenne, la loi est tout de même adoptée en 2017.

Parallèlement, les groupes militent avec acharnement pour un meilleur financement du milieu communautaire. À travers ces luttes pour préserver notre filet social se développent de nouvelles alliances solides entre les organisations qui dénoncent les politiques néolibérales. En 2018, année électorale, nous obtenons de légères bonifications au niveau du financement des organismes, ce qui nous permet de souffler un peu.

Au niveau canadien, le Parti libéral de Justin Trudeau est élu en 2015 et vient ainsi déloger les conservateurs, ce qui amène une certaine vague d’espoir au sein des mouvements progressistes. Si certaines avancées ont effectivement pu être constatées, pensons notamment au démarrage d’une enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées, ou à la mise sur pied d’un cabinet ministériel paritaire, il reste beaucoup à faire pour l’amélioration des conditions de vie des femmes en situation de pauvreté.

Au niveau international, ces années sont aussi marquées par les mouvements #AgressionNonDénoncée et #Metoo. Des milliers de femmes à travers le monde dénoncent les agressions sexuelles qu’elles ont subies sur les réseaux sociaux, poussant les gouvernements à revoir leurs pratiques, par exemple en rouvrant des plaintes qui avaient été jugées non fondées ou en entamant des réflexions pour adapter le système judiciaire. ROSE du Nord se mobilise au cœur de ces multiples luttes sociales importantes.

En 2015, nous avons également commencé à animer une émission de radio féministe: « Mes amies de filles du nord ». Nous mettons également l’accent sur la mobilisation et la diffusion de nos activités, constatant une baisse du nombre de femmes qui fréquentent notre organisme.

2018— …

L’année 2018 se caractérise par l’élection d’un gouvernement caquiste majoritaire au Québec, ce qui amène son lot d’appréhensions concernant la lutte à la pauvreté. Nous obtenons toutefois une victoire importante en 2019 : l’annonce de la bonification de l’exemption des pensions alimentaires pour enfants dans le calcul du revenu, qui passe de 100 $ à 350 $ par enfant à l’aide sociale, à l’aide financière aux études, à l’aide au logement et aussi à l’aide juridique. Cela fera une grande différence dans la vie de milliers de familles en situation précaire!

À ROSE du Nord, nous ressentons le besoin de nous recentrer sur la vie interne, après avoir été de toutes les luttes pendant plusieurs années. Nous entamons un processus de révision de nos pratiques et de nos outils de travail. C’est aussi le moment où nous démarrons un nouveau projet collectif mobilisateur concernant les violences administratives vécues par les femmes sans emploi, en utilisant l’art comme moyen de nous exprimer.

ROSE en photos